Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/76

Cette page a été validée par deux contributeurs.



EXETER.

— Il n’est pas en présence de Sa Majesté.


LE ROI.

Envoyez-le chercher, bon oncle (3).


WESTMORELAND.

— Ferons-nous entrer l’ambassadeur, mon suzerain (4) ?


LE ROI.

— Pas encore, mon cousin ; nous voudrions, — avant de l’entendre, résoudre quelques points importants — qui nous préoccupent, relativement à nous et à la France.


Entrent l’archevêque de Cantorbéry et l’évêque d’Ély.



CANTORBÉRY.

— Que Dieu et ses anges gardent votre trône sacré — et vous en fassent longtemps l’ornement !


LE ROI.

Certes, nous vous remercions. — Mon savant lord, nous vous prions de poursuivre — et d’expliquer avec une religieuse rigueur — en quoi cette loi salique, qu’ils ont en France, — est un obstacle ou non à notre réclamation. — Et à Dieu ne plaise, mon cher et fidèle lord, — que vous forciez, torturiez ou faussiez votre opinion, — ou que vous chargiez votre conscience d’un sophisme — en proclamant des titres dont le spécieux éclat — jurerait avec les couleurs mêmes de la vérité ! — Car Dieu sait combien d’hommes, aujourd’hui pleins de santé, — verseront leur sang pour soutenir le parti — auquel Votre Révérence va nous décider. — Réfléchissez donc bien, avant d’engager notre personne, — avant de réveiller l’épée endormie de la guerre. — Nous vous sommons au nom de Dieu, réfléchissez. — Car jamais deux pareils royaumes n’ont lutté — sans une grande effusion de sang. Chaque goutte de sang innocent — est une malédiction, une imprécation vengeresse, — qui poursuit