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nants leur chemin, se départirent, et en y avait bien les trois quarts à pied, lesquels étaient moult travaillés, tant de la dite bataille comme de famine et autres mésaises. Et par cette manière retourna le roi d’Angleterre en la ville de Calais, après sa victoire, sans trouver aucun empêchement ; et là laissa les Français en grand’douleur et tristesse pour la perte et destruction de leurs gens.

Comment Henry, roi d’Angleterre, atout sa puissance, vint à Troyes en Champagne pour lui marier et parconclure la paix finale avec le roi de France.

En ce même temps, Henry, roi d’Angleterre, accompagné de ses deux frères, c’est à savoir des ducs de Clarence et des comtes de Hautiton, de Warwick et de Kaint, avec plusieurs autres grands seigneurs d’Angleterre, et seize cents combattants ou environ, dont il avait la plus grand’partie archers, se partit de Rouen et vint à Pontoise, et de là à Saint-Denis, et après au pont de Charenton, où il laissa de ses gens pour garder le passage, et puis par Provins s’en alla à Troyes. Au-devant duquel, pour lui faire honneur et révérence, issirent le duc de Bourgogne et plusieurs seigneurs qui le convoyèrent jusqu’à son hôtel dedans icelle ville, où il se logea, et ses princes avecque lui, et ses gens d’armes se logèrent ès villages à l’environ. Et tôt après sa venue alla voir le roi, la reine, dame Catherine, sa fille ; si s’entrefirent très-grands honneurs l’un à l’autre ; et après furent assemblés de grands conseils entre eux pour parclore la paix finale et alliance, dont par avant est faite mention, et enfin furent d’accord. Et en ce qui par avant avait été traité et qui n’était agréable au dit roi d’Angleterre, fut lors corrigé grand’partie à sa volonté.