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Entre Catherine.

Henry V.
— Eh bien, mon frère de France, — il est encore une chose qu’il faut que je vous demande.

Le roi de France.
— En quoi puis-je satisfaire Votre Majesté ?

Henry V.
— Une vétille, mon bon frère de France. — J’ai l’intention de faire votre fille reine d’Angleterre, — si elle le veut bien et si vous y consentez. — Qu’en dis-tu, Kate, peux-tu aimer le roi d’Angleterre ?

Catherine.
— Comment t’aimerais-je, toi qui es l’ennemi de mon père ?

Henry V.
— Bah ! n’insiste pas sur ce point-là. — C’est toi qui dois nous réconcilier. — Je suis sûr, Kate, que tu n’es pas peu fière — d’être aimée, ma donzelle, par le roi d’Angleterre.

Le roi de France.
— Ma fille, je ne veux plus qu’il y ait rien entre le roi d’Angleterre et toi : consens donc.

Catherine.
— Je ferai bien de vouloir, tandis qu’il veut bien, — de peur qu’il ne veuille plus, quand je voudrais. — Je suis aux ordres de Votre Majesté.

Henry V.
— Sois la bienvenue, chère Kate… Mais mon frère de France, — qu’en dites-vous ?

Le roi de France.
— J’approuve la chose de tout cœur. — Mais quand sera votre noce ?

Henry V.
— Le premier dimanche du mois prochain, — s’il plaît à Dieu.
Fanfares. Tous sortent.

finis.


(40) « Au temps du siége d’Orléans, un Pierre Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, amena à Chinon devers le Dauphin Charles une jeune fille de dix-huit ans, appelée Jeanne d’Arc, fille d’un malheureux berger appelé Jacques d’Arc, élevée pauvrement dans le métier de garder les bestiaux, née à Domprin (Domrémy) sur la Meuse, en Lorraine, dans le diocèse de Toul. Elle était de figure avenante, de complexion forte et virile, de courage grand, hardi et intrépide, d’une grande chasteté apparente dans sa personne et dans sa conduite, le nom de Jésus toujours à la bouche, humble, obéissante et jeûnant plusieurs jours par semaine. Suscitée par la puissance divine unique-