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votre pays natal. Puisque vous avez entrepris un si grand attentat, je veux que vos partisans qui sont dans l’armée apprennent par votre châtiment à abhorrer une si détestable offense. Hâtez-vous donc de recevoir la peine que vos démérites vous ont value et le châtiment que la loi réserve à vos forfaits. »

(18) Extrait de la pièce anonyme : Les fameuses victoires de Henry Cinq :

Entrent le roi, le dauphin et le grand connétable de France.

Le roi.

— Eh bien, seigneur grand connétable, — que dites-vous de notre ambassade en Angleterre ?


Le connétable.

— Sous le bon plaisir de Votre Majesté, je ne puis rien en dire, — avant l’arrivée de messeigneurs les ambassadeurs ; — pourtant il me semble que Votre Grâce a bien fait — de tenir ses troupes si bien préparées — en prévision du pire.


Le roi.

— Effectivement, monseigneur, nous avons une armée sur pied ; — mais, si le roi d’Angleterre se met contre nous, — il nous en faudra une trois fois plus forte.


Le dauphin.

— Bah ! monseigneur, si jeune et si extravagant — que soit le roi d’Angleterre, ne croyez pas qu’il soit assez — insensé pour faire la guerre au puissant roi de France.


Le roi.

— Ah ! mon fils, si jeune et si extravagant — que soit le roi d’Angleterre, croyez bien qu’il est dirigé — par de sages conseillers.

Entre l’archevêque de Bourges.

L’archevêque.

Dieu garde mon souverain seigneur le roi !


Le roi.

— Eh bien, seigneur archevêque de Bourges, — quelles nouvelles de notre frère le roi d’Angleterre ?


L’archevêque.

— Sous le bon plaisir de Votre Majesté, — ses intentions sont si contraires à celles que vous lui prêtiez, — qu’il ne veut autre chose que la couronne — et le royaume même ; en outre, il m’a dit de me dépêcher, — sans quoi il serait ici avant moi ; et, à ce que j’apprends, — il a déjà tenu promesse ; car on dit