Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/274

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enjoins désormais, si vous tenez à notre faveur, — d’oublier entièrement cette querelle et sa cause.

À York et à Somerset.

— Et vous, milords, rappelez-vous où nous sommes, — en France, au milieu d’un peuple capricieux et chancelant. — S’ils reconnaissent la discorde dans nos regards, — et que nous sommes divisés entre nous, — comme leurs cœurs mécontents seront provoqués — à une désobéissance opiniâtre à la révolte ! — En outre, quel opprobre pour vous, — quand les princes étrangers sauront — que, pour une vétille, une chose sans importance, — les pairs et les principaux nobles du roi Henry se sont entre-détruits, et ont perdu le royaume de France ! — Oh ! songez aux conquêtes de mon père, — à mes tendres années ; et ne perdons pas — pour une bagatelle ce qui a coûté tant de sang. — Laissez-moi être l’arbitre de ce douteux litige.

Il prend une rose rouge.

— Si je porte cette rose, je ne vois pas là de raison — pour qu’on me soupçonne — d’incliner pour Somerset plutôt que pour York. — Tous deux sont mes parents, et je les aime tous deux. — Aussi bien pourrait-on me reprocher de porter une couronne — parce que, ma foi, le roi d’Écosse est couronné ! — Mais votre discernement vous convaincra mieux — que mes instructions ou mes arguments. — Ainsi donc, comme nous sommes venus en paix, — continuons à vivre en paix et en harmonie. — Cousin d’York, nous choisissons Votre Grâce — pour régent de nos États de France. — Vous, mon bon lord de Somerset, unissez — vos escadrons de cavalerie à ses bandes d’infanterie. — Et, en loyaux sujets, dignes fils de vos aïeux, — marchez bravement d’accord, et déchargez — votre brûlante colère sur vos ennemis. — Nous-même, milord protecteur, et le reste, — après un