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sied bien de narguer sa vaillante vieillesse, — et de taxer de couardise un homme à demi mort ! — Donzelle, si je ne fais pas encore assaut avec toi, — que Talbot meure de honte.


LA PUCELLE.

— Êtes-vous aussi ardent, messire ?… Mais silence, Pucelle ! — Pour peu que Talbot tonne, la pluie va tomber.

Talbot et ses amis délibèrent ensemble.

— Dieu bénisse le parlement ! Qui sera l’orateur ?


TALBOT.

— Osez donc sortir et nous affronter dans la plaine !


LA PUCELLE.

— Votre seigneurie, apparemment, nous croit donc assez fous — pour remettre en question ce qui est à nous.


TALBOT.

— Je ne parle pas à cette moqueuse Hécate, — mais à toi, Alençon, et aux autres ; — voulez-vous, comme des soldats, sortir et combattre ?


ALENÇON.

Non, signor.


TALBOT.

— À la potence, signor !… Ces vils muletiers de France ! — Ils restent derrière les murs comme d’ignobles marauds, — et n’osent prendre les armes comme des gentilshommes.


LA PUCELLE.

— Capitaine, retirons-nous : quittons les remparts, — car les regards de Talbot ne nous annoncent rien de bon.

À Talbot.

— Dieu soit avec vous, milord ! Nous sommes venus uniquement pour vous dire — que nous sommes ici.

La Pucelle et les Français quittent les remparts.



TALBOT.

— Et nous y serons aussi avant peu, — ou je veux que