Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/250

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



PLANTAGENET, à part.

— Plantagenet, je le vois, doit retenir sa langue, — de peur qu’on ne lui dise : Parlez, l’ami, quand vous le devez ; — votre impertinent verdict doit-il trouver place dans le débat des lords ? — Autrement j’aurais frondé Winchester.


LE ROI HENRY.

— Oncles de Glocester et de Winchester, — gardiens spéciaux de la chose publique, — je voudrais, si les prières ont quelque pouvoir sur vous, pouvoir — vous réconcilier dans une affectueuse amitié. — Oh ! quel scandale pour notre couronne — que deux nobles pairs tels que vous soient en désaccord ! — Croyez-moi, milords, mes tendres années peuvent le dire, — la discorde civile est une vipère — qui ronge les entrailles de la république.

Cris au dehors : À bas les habits jaunes !

— Quel est ce tumulte ?


WARWICK.

C’est une émeute, j’ose le dire, — soulevée par la malveillance des gens de l’évêque.

Nouveaux cris : Des pierres ! des pierres !


Entre le Maire de Londres, avec son escorte.



LE MAIRE.

— Ô mes bons lords, et vous, vertueux Henry, — ayez pitié de la cité de Londres, ayez pitié de nous ! — Les gens de l’évêque et du duc de Glocester, — à qui il a été défendu récemment de porter des armes, — ont rempli leurs poches de pierres, — et, partagés en deux bandes contraires, — ils se les jettent à la tête si violemment que déjà beaucoup de ces cerveaux exaltés ont été broyés. — Nos fenêtres sont brisées dans toutes les rues, — et nous sommes forcés, par prudence, de fermer nos boutiques.