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PLANTAGENET.

— Mon père fut accusé, mais non flétri ; — condamné à mort pour trahison, mais non traître ; — et cela, je le prouverai contre de plus illustres que Somerset, — quand le moment sera mûr pour mes desseins. — Quant à Poole, votre affidé, et à vous-même, — je vous note sur le registre de ma mémoire, — pour vous punir de cette insulte. — Prenez-y bien garde, et tenez-vous pour bien avertis.


SOMERSET.

— Oui-dà, tu nous trouveras toujours prêts ; — et tu nous reconnaîtras pour tes ennemis à ces couleurs, — que mes amis porteront en dépit de toi.


PLANTAGENET.

— Sur mon âme, cette rose pâle de colère, — insigne de ma haine altérée de sang, — je la porterai, moi, ainsi que mes partisans, — jusqu’à ce qu’elle se flétrisse avec moi dans la tombe, — ou s’épanouisse à la hauteur de mon rang !


SUFFOLK.

— Poursuis, et que ton ambition t’étouffe ! — Et sur ce, adieu jusqu’à notre prochaine rencontre.

Il sort.

SOMERSET.

— Je te suis, Poole… Adieu, ambitieux Richard.

Il sort.

PLANTAGENET.

— Comme je suis bravé ! Et il faut que je l’endure !


WARWICK.

— Cette tache, qu’ils reprochent à votre maison, — sera effacée dans le prochain parlement, — convoqué pour prononcer la trêve entre Winchester et Glocester. Si alors tu n’es pas créé duc d’York, — je ne veux plus être qualifié Warwick. — En attendant, comme gage de