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un second Hector, à l’aspect farouche, — aux vastes proportions, aux membres robustes. — Eh ! mais c’est un enfant, un grotesque nain : — il n’est pas possible que ce nabot faible et noué — frappe ses ennemis d’une telle terreur.


TALBOT.

— Madame, j’ai pris la liberté de vous importuner ; — mais, puisque Votre Excellence n’est pas de loisir, — je trouverai quelque autre moment pour vous faire visite.

Il va pour se retirer.

LA COMTESSE.

— Que prétend-il donc ?

Au messager.

Allez lui demander où il va.


LE MESSAGER.

— Arrêtez, milord, car madame désire — savoir la cause de votre brusque départ.


TALBOT.

— Morbleu ! pour ça, elle est dans l’erreur ; — je vais lui prouver que Talbot est ici.


Le portier rentre avec des clefs.



LA COMTESSE.

— Si tu es Talbot, en bien, tu es prisonnier.


TALBOT.

— Prisonnier ! De qui ?


LA COMTESSE.

De moi, lord altéré de sang. — Et c’est dans ce but que je t’ai attiré chez moi. — Il y a longtemps que ton ombre est en mon pouvoir, — car ton portrait est pendu dans ma galerie. — Mais aujourd’hui ta personne même subira le même sort ; — et je vais enchaîner tes jambes et tes bras, — tyran qui depuis tant d’années — dévastes