Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/233

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




Scène VIII.

[En Auvergne. La cour d’un château.]


Entrent la Comtesse et le Portier.



LA COMTESSE.

— Portier, rappelez-vous mes instructions ; — et, quand vous les aurez exécutées, rapportez-moi les clefs.


LE PORTIER.

— Oui, madame.

Il sort.

LA COMTESSE.

— Le plan est dressé ; si tout réussit, — je serai aussi fameuse par cet exploit — que Thomyris de Scythie par la mort de Cyrus. — Grande est la renommée de ce redoutable chevalier, — et ses hauts faits ne sont pas moins grands. — Je voudrais joindre au témoignage de mes oreilles celui de mes yeux — pour juger la valeur de ces étonnants récits.


Entrent le Messager et Talbot.



LE MESSAGER.

Madame, — conformément au désir de votre excellence, — appelé par votre message, lord Talbot est venu.


LA COMTESSE.

— Et il est le bienvenu. Quoi ! est-ce là l’homme ?

Elle montre Talbot.


LE MESSAGER.

— Oui, madame.


LA COMTESSE.

Est-ce là le fléau de la France ? — Est-ce là ce Talbot, partout si redouté — qu’avec son nom seul les mères font taire leurs enfants ? — Je le vois, les rapports sont fabuleux et faux : — je croyais voir un Hercule, —