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lisbury à faire son testament ; — cette victoire est à nous, comme bien d’autres à venir.


La Pucelle entre dans la ville avec ses soldats.



TALBOT.

— Ma tête tourne comme la roue d’un potier ; — je ne sais où je suis ni ce que je fais ; — une sorcière, par la terreur et non par la force, ainsi qu’Annibal, — met en déroute nos troupes et triomphe comme il lui plaît ! — Ainsi les abeilles, par la fumée, les colombes, par une émanation infecte, — sont chassées de leurs ruches, de leurs logis. — On nous appelle, pour notre acharnement, les dogues anglais ; — maintenant, comme de petits chiens, nous nous sauvons en criant.

Courte fanfare d’alarme.

— Écoutez, compatriotes ! ou renouvelez le combat, — ou arrachez les lions du blason d’Angleterre ; — renoncez à votre sol natal, remplacez les lions par des moutons ; — les moutons fuient moins timidement devant le loup, — le cheval ou le bœuf devant le léopard, — que vous devant ces marauds tant de fois soumis par vous. — Cela ne sera pas.

Fanfare. Nouvelle escarmouche.

Retirez-vous dans vos retranchements : — vous êtes tous complices de la mort de Salisbury, — car nul de vous ne veut frapper un coup pour le venger. — La Pucelle est entrée dans Orléans, — en* dépit de nous et de tous nos efforts. — Oh ! que je voudrais mourir avec Salisbury ! — Une telle honte me forcera à cacher ma tête.

Fanfare d’alarme. Retraite. Sortent Talbot et ses troupes, poursuivis par les Français.


Paraissent sur les remparts la Pucelle, Charles, René, Alençon et des soldats.



LA PUCELLE.

— Arborez sur les murs nos flottantes couleurs ; —