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GLOCESTER.

— Winchester oison !… vite, une corde ! une corde !

À ses gens.

— Maintenant, expulsez-les d’ici. Pourquoi les laissez-vous rester ?…

Au Cardinal.

— Je vais te chasser de céans, loup déguisé en agneau ! Hors d’ici, habits jaunes !… hors d’ici, hypocrite écarlate !


Ici un grand tumulte, au milieu duquel entrent le Maire de Londres et ses officiers.



LE MAIRE.

— Fi, milords ! vous, les magistrats suprêmes, troubler ainsi outrageusement la paix publique !


GLOCESTER.

— Paix, maire ! tu ne sais pas l’affront qui m’est fait ; — voici ce Beaufort, qui ne respecte ni Dieu ni le roi, et qui a confisqué la Tour pour son usage !


WINCHESTER.

— Et voici ce Glocester, l’ennemi des citoyens, — celui qui toujours pousse à la guerre, et jamais à la paix, — qui impose à vos libres bourses d’énormes amendes, — qui cherche à renverser la religion, — sous prétexte qu’il est Protecteur du royaume, — et qui voudrait s’emparer de l’arsenal de la Tour, — pour se faire couronner roi et supprimer le prince.


GLOCESTER.

— Je ne te répondrai pas par des paroles, mais par des coups.

L’escarmouche recommence.



LE MAIRE.

— Dans cette tumultueuse bagarre, il ne me reste plus — qu’à faire la proclamation publique. — Avance, officier, et élève la voix autant que tu pourras.