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sur le choix des généraux. — L’un voudrait prolonger la guerre à peu de frais ; — un autre voudrait voler au plus vite, mais manque d’ailes ; — un troisième pense que, sans aucune dépense, — la paix pourrait être obtenue par de belles et spécieuses paroles. — Réveillez-vous, réveillez-vous, noblesse d’Angleterre ! — Ne laissez pas l’oisiveté ternir votre gloire récente ; — les fleurs de lis sont fauchées dans vos armes, — et une moitié du blason d’Angleterre est coupée.


EXETER.

— Si nos larmes manquaient à ces funérailles, — ces nouvelles en feraient déborder le flot.


REDFORD.

— C’est moi qu’elles intéressent : je suis régent de France. — Donnez-moi ma cotte d’acier, je vais combattre pour reprendre la France. — Arrière ces vêtements déshonorants du désespoir ! — Je veux que les Français pleurent, non avec leurs yeux, mais par leurs blessures, — sur leurs misères un instant interrompues.


Entre un autre messager.



DEUXIÈME MESSAGER.

— Milords, lisez ces lettres, pleines de désastreux événements. — La France s’est tout entière révoltée contre l’Anglais, — excepté quelques petites villes sans importance. — Le Dauphin Charles est couronné roi à Reims ; — le bâtard d’Orléans s’est joint à lui ; — René, duc d’Anjou, prend parti pour lui ; — le duc d’Alençon vole à ses côtés.


EXETER.

— Le Dauphin couronné roi ! tous volent à lui ! — Oh ! où voler nous-mêmes pour échapper à tant de honte ?


GLOCESTER.

— Nous ne volerons qu’à la gorge de nos ennemis. Bedford, si tu es indécis, je ferai, moi, cette guerre.