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la foule — qui acclame ce Henry. Maintenant installez-le à Londres, — tandis que le deuil des Français — invite le roi d’Angleterre à y prolonger son séjour, — tandis que l’empereur intercède en faveur de la France — et tente de rétablir la paix. Puis omettons — tous les événements, quels qu’ils soient, — jusqu’au retour de Henry en France. — C’est là que nous devons le ramener ; et moi-même j’ai représenté — l’intérim en vous rappelant… ce qui est passé. — Permettez-nous cette abréviation ; et que vos regards, — suivant vos pensées, reviennent droit en France.

Le chœur sort.



Scène XX.

[En France. Un corps de garde.]


Entrent Gower et Fluellen, empanaché d’un poireau.



GOWER.

Oui, c’est juste ; mais pourquoi portez-vous votre poireau aujourd’hui ? La Saint-David est passée.


FLUELLEN.

Il y a des occasions et des causes, des pourquoi et des parce que pour toutes choses. Je vais vous le dire en ami, capitaine Gower : ce chenapan, ce galeux, ce gueux, ce pouilleux, ce pravache, ce drôle, Pistolet, que vous-même savez, comme tout l’nivers, n’être qu’un gaillard, voyez-vous, sans aucun mérite, en bien, il est venu hier m’apporter du pain et du sel, voyez-vous, et il m’a dit de manger mon poireau ; c’était dans un endroit où je ne pouvais pas lui chercher noise ; mais je prendrai la liberté de porter ce poireau à mon ponnet jusqu’à ce que je le revoie, et alors je lui signifierai une menue partie de mes désirs.