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poussaient des poireaux ; tous mirent des poireaux à leurs chapeaux de Monmouth ; et Votre Majesté sait que cet insigne se porte encore à cette heure en l’honneur de leurs services. Et je crois que Votre Majesté ne dédaigne point de porter le poireau le jour de la saint Tavid.


LE ROI HENRY.

— Je le porte comme un glorieux souvenir. — Car je suis Gallois, vous savez, cher compatriote.


FLUELLEN.

Toute l’eau de la Wye ne saurait laver de son sang gallois le corps de Votre Majesté, je puis vous dire ça. Tieu le pénisse et le préserve tant qu’il plaira à Sa Grâce et à Sa Majesté aussi !


LE ROI HENRY.

Merci, mon cher compatriote.


FLUELLEN.

Par Cheshus, je suis le compatriote de Votre Majesté, peu m’importe qu’on le sache ; je le confesserai à tout l’nivers. Je n’ai pas à rougir de Votre Majesté. Tieu soit loué, tant que Votre Majesté est un honnête homme.


LE ROI HENRY.

— Dieu veuille me conserver tel !

Montrant Montjoie.

Que nos hérauts aillent avec lui ; — apporte-moi le relevé exact des morts — de nos deux armées.

Sortent Montjoie et les hérauts d’armes anglais.

Montrant Williams à Exeter.

Appelez-moi ce camarade là-bas.


EXETER.

Soldat, venez devant le roi.

Williams s’avance, un gant à son chapeau.



LE ROI HENRY.

Soldat, pourquoi portes-tu ce gant à ton chapeau ?