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bonne maison ; et, pour sa rançon, il vous donnera deux cents écus.


PISTOLET.

— Dis-lui que ma furie s’apaisera et que — je veux bien prendre ses écus.


LE SOLDAT.

Petit monsieur, que dit-il ?


LE PAGE.

Encore qu’il est contre son jurement de pardonner aucun prisonnier, néantmoins, pour les escus que vous l’avez promis, il est content de vous donner la liberté, le franchissement.


LE SOLDAT.

Sur mes genoux, je vous donne mille remerciements : et je m’estime heureux que je suis tombé entre les mains d’un chevalier, je pense, le plus brave, vaillant et très-distingué seigneur d’Angleterre.


PISTOLET.

Explique-moi ça, page.


LE PAGE.

Il vous donne, sur ses genoux, mille remerciements : et il s’estime heureux d’être tombé entre les mains, pense-t-il, du plus brave, du plus vaillant et du plus digne seigneur d’Angleterre.


PISTOLET.

— Suçons le sang, mais montrons quelque clémence.

Au soldat.

— Suis-moi.

Il sort.



LE PAGE.

Suivez, vous, le grand capitaine.

Le soldat sort.



LE PAGE, seul, continuant.

Je n’ai jamais entendu voix si pleine sortir de cœur si vide ; mais le dicton est vrai : Vase vide est sonore. Bar-