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luxure de la jeunesse anglaise — pour repeupler la France de guerriers bâtards.


BOURBON.

— Elles nous renvoient aux écoles de danse anglaises — enseigner la haute gavotte et la preste courante, — disant que notre mérite est uniquement dans nos talons, — et que nous sommes sublimes dans la fugue.


LE ROI DE FRANCE.

— Où est, Montjoie, le héraut ? Dépêchez-le vite, — qu’il aille saluer l’Anglais de notre insultant défi ! — Debout, princes ; et, armés d’un esprit d’honneur — plus acéré que vos épées, courez au combat. — Charles d’Albret, grand connétable de France, — vous, ducs d’Orléans, de Bourbon et de Berry, — Alençon, Brabant, Bar et Bourgogne, — Jacques Châtillon, Rambures, Vaudemont, — Beaumont, Grandpré, Roussi, Fauconberg, — Foix, Lestelles, Boucicault et Charolais ; — hauts ducs, grands princes, barons, seigneurs, chevaliers, — au nom de vos grandeurs, lavez-vous de cette grande honte. — Arrêtez ce Henry d’Angleterre qui balaie nos plaines — avec des pennons teints du sang d’Harfleur. — Élancez-vous sur son armée comme l’avalanche fond — sur la vallée, infime région vassale — où les Alpes crachent et vident leur bave. — Précipitez-vous sur lui, vous avez des forces suffisantes, et dans un chariot captif amenez-le à Rouen — prisonnier.


LE CONNÉTABLE.

Voilà le langage de la grandeur. — Je suis fâché que ses troupes soient si peu nombreuses, — ses soldats malades et exténués par la faim et la fatigue ; — car je suis sûr que, dès qu’il verra notre armée, — il laissera tomber son courage dans la sentine de la peur — et pour tout exploit, nous offrira sa rançon.