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nobles Anglais — qui devez votre sang à des pères aguerris, — à des pères qui, comme autant d’Alexandres, — ont, dans ces contrées, combattu du matin au soir — et n’ont rengainé leurs épées que faute de résistance ! — Ne déshonorez pas vos mères ; prouvez aujourd’hui — que vous êtes vraiment les enfants de ceux que vous appelez vos pères ! — Soyez l’exemple des hommes d’un sang plus grossier, — et apprenez-leur à guerroyer Et vous, braves milices, — dont les membres ont été formés en Angleterre, montrez-nous ici — la valeur de votre terroir ; faites-nous jurer — que vous êtes dignes de votre race. Ce dont je ne doute pas ; — car il n’est aucun de vous, si humble et si chétif qu’il soit, — qui n’ait un noble lustre dans les yeux. — Je vous vois, comme des lévriers en laisse, — bondissant d’impatience. Le gibier est levé, — suivez votre ardeur ; et, en vous élançant, — criez : Dieu pour Harry ! Angleterre et Saint-Georges ! (19)


Ils sortent. Fanfares d’alarme. Décharges d’artillerie. Les troupes anglaises défilent, allant à l’assaut. Puis arrivent Nym, Bardolphe, Pistolet et le Page.



BARDOLPHE.

Sus ! sus ! sus ! sus ! sus ! À la brèche ! à la brèche !


NYM.

Je t’en prie, caporal, arrête. L’action est trop chaude ; et, pour ma part, je n’ai pas une vie de rechange. La plaisanterie est trop chaude, et voilà mon refrain.


PISTOLET.

— Ton refrain est fort juste. Car les plaisanteries se répètent par trop ; — les coups vont et viennent ; les vassaux de Dieu tombent et meurent : —

Et glaive et bouclier
Dans la plaine sanglante
Gagnent un immortel renom !