Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/101

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



NYM.

On dit qu’il a crié contre le vin.


MISTRESS QUICKLY.

Ça, c’est vrai.


BARDOLPHE.

Et contre les femmes.


MISTRESS QUICKLY.

Ça, c’est pas vrai.


LE PAGE.

Si fait, c’est vrai ; et il a dit qu’elles étaient des démons incarnés.


MISTRESS QUICKLY.

Il n’a jamais pu souffrir l’incarnat ; c’est une couleur qu’il n’a jamais aimée.


LE PAGE.

Il a dit une fois que le diable l’aurait par les femmes.


MISTRESS QUICKLY.

Il lui est arrivé, en effet, de maltraiter un peu les femmes ; mais alors il était bilieux, et il parlait de la prostituée de Babylone.


LE PAGE.

Vous rappelez-vous pas qu’une fois il vit une puce posée sur le nez de Bardolphe, et qu’il dit que c’était une âme noire brûlant dans le feu de l’enfer ?


BARDOLPHE.

Allons ! l’aliment n’est plus qui entretenait ce feu. Voilà toute la richesse que j’ai amassée à son service.

Il montre son nez rubicond.



NYM.

Filons-nous ? Le roi sera parti de Southampton.


PISTOLET.

— Allons, partons.

À mistress Quickly.

Mon amour, donne-moi tes lèvres.

Il l’embrasse.