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La sauvage apprivoisée



Scène I.


[Padoue. Devant la maison de Baptista.]
Arrivent Tranio et Lucentio.

Lucentio.

— Enfin, Tranio, moi qui désirais tant — voir la belle Padoue, ce berceau des arts, — me voici arrivé dans cette fertile Lombardie, — le riant jardin de la grande Italie ; — j’y viens avec l’affectueuse autorisation de mon père, armé — de sa bienveillance et de ta fidèle compagnie, — ô toi, mon loyal serviteur dont le dévouement est à toute épreuve ! — Respirons donc ici, et commençons-y heureusement — un cours de science et de belles-lettres. — Pise, renommée par ses graves citoyens, — m’a vu naître ; et Vincentio, mon père, marchand dont le vaste trafic s’étend dans le monde entier, — descend des Bentivoglio. — Le fils de Vincentio, élevé à Florence, — doit maintenant, pour réaliser toutes les espérances qu’on a conçues de lui, — rehausser sa fortune par des actes vertueux. — Aussi, Tranio, veux-je, pendant tout le temps