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NOTES.

(9) Allusion à un sarcasme proverbial. Les vieilles filles, ayant refusé de porter des enfants, devaient être, en punition, condamnées à porter des singes en enfer.

(10) Locution proverbiale dont le sens est aujourd’hui perdu. Peut-être, pour entrevoir la pensée de Catharina, faut-il se rappeler ce sarcasme de Béatrice à Bénédict : « Dans notre dernier combat, quatre de ses cinq esprits s’en sont allés tout éclopés, maintenant, il n’en reste plus qu’un pour gouverner tout l’homme. Si celui-là suffit pour lui tenir chaud, qu’il le garde comme une distinction entre lui et son cheval. » — Beaucoup de bruit pour rien. Tome IV, page 211.

(11) Boccace a raconté toutes les épreuves dont triompha la patiente Griselidis, dans un conte qu’il a emprunté, comme beaucoup d’autres, aux vieux fabliaux français. (Voir le Décameron, dixième journée, nouvelle X.)

(12) Dans la comédie primitive, le mariage de Catherine se conclut bien plus lestement encore. L’action qui remplit ici deux longues scènes (la scène ii et la scène iii) n’occupe là qu’une scène fort courte. Il est curieux de voir avec quel art et quel esprit le poëte à développé l’intrigue première. Pour que le lecteur fasse cette étude si intéressante, je traduis la pièce originale. — Polidor et Aurelius, amants des deux sœurs de Catherine, Emilia et Phylema, sont en scène. Tous deux attendent avec anxiété le fiancé audacieux qui, en épousant l’aînée, leur permettra d’épouser les puînées. À ce moment arrive Ferando (Petruchio), accompagné de son valet Sander (Grumio) :


POLIDOR, à Aurelius.

Voici le gentilhomme dont je vous ai parlé.


FERANDO.

— Salut en même temps à tous, messieurs. — Eh bien, Polidor, tu es donc toujours amoureux, — et toujours soupirant sans pouvoir encore réussir ? — Dieu m’accorde une meilleure chance quand je soupirerai !


SANDER.

— Je vous le garantis, maître, si vous prenez mes avis.


FERANDO.

— Eh quoi, maraud, es-tu donc si habile ?


SANDER.

— Qui ? moi ! votre cas serait cinq fois meilleur, — si vous pouviez dire, aussi bien que moi, comme il faut s’y prendre.