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BIRON.

Va leur dire de se préparer.


TROGNE.

Nous donnerons une belle tournure à là chose, allez, monsieur ; nous y mettrons du zèle.

Trogne sort.

LE ROI.

— Ils nous feront honte, Biron ; qu’ils n’approchent pas !


BIRON.

— Nous sommes à l’épreuve de la honte, monseigneur ; et il est assez politique — de montrer à ces dames une parade pire que celle du roi et de sa troupe.


LE ROI.

— Je déclare qu’ils ne viendront pas.


LA PRINCESSE.

— Voyons, mon bon seigneur, laissez-vous fléchir par moi. — Le divertissement le plus agréable est celui qui plaît à son insu. — Quand le zèle s’évertue à nous contenter et que ses intentions — meurent par le zèle même de ceux qu’il anime, — les formes confondues prennent forme de drôlerie, — au moment même où avortent tant de grands efforts en travail.


BIRON.

— Voilà la juste description de notre fête, monseigneur.

Entre le fanfaron Armado.

ARMADO.

Oint du Seigneur, j’implore de ta douce haleine royale la dépense nécessaire pour proférer un couple de mots.

Armado remet un papier au roi et cause à part avec lui.

LA PRINCESSE, montrant Armado.

Est-ce que cet homme-là sert Dieu ?