Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/401

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ARMADO, à Holopherne.

Monsieur, est-ce que vous n’êtes pas lettré !


PHALÈNE.

Si ! si ! il enseigne aux enfants l’alphabet.

À Holopherne.

Qu’est-ce que fait un B lié à un E, avec l’addition d’un circonflexe ?


HOLOPHERNE.

Enfin, il fait Bê !


PHALÈNE.

Bê ! Bê ! Bê ! Il fait de vous-même un bélier avec addition de cornes.

À Armado.

Vous voyez sa science.


PHALÈNE.

Par l’eau salée de la Méditerranée, voilà qui est bien touché ! une vive botte d’esprit ! Une, deux et droit au cœur ! Cela réjouit mon intellect : véritable trait d’esprit !


PHALÈNE.

Décoché par un enfant à an vieillard qui a l’esprit caduc.


HOLOPHERNE.

Tu raisonnes comme un bambin : va fouetter ton sabot.


PHALÈNE.

Prêtez-moi votre corne pour en faire un, et je fouetterai votre ignominie circum circa. Quel sabot on ferait d’une corne de cocu !


TROGNE, à Phalène.

Je n’aurais qu’un sou au monde que je le donnerais pour t’acheter du pain d’épice.

Lui donnant une menue pièce.

Tiens ! voici la rémunération même que j’ai reçue de