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SCÈNE XIII.


HÈLÈNE.

En effet.


LA VEUVE.

— Vous allez voir ici un de vos compatriotes — qui a rendu de dignes services.


HÈLÈNE.

Son nom ? je vous prie.


DIANA.

— Le comte de Roussillon. Le connaissez-vous ?


HÈLÈNE.

— Bien que par ouï-dire, comme un très-noble jeune homme ! — je ne le connais pas de vue.


DIANA.

Quel qu’il soit, — il s’est bravement comporté… ll s’est sauvé de France, dit-on, parce que le roi l’aurait marié — contre son gré. Croyez-vous cela ?


HÈLÈNE.

— Oui, certainement, c’est la pure vérité. Je connais sa femme.


DIANA.

— Il y a un gentilhomme au service du comte — qui fait d’elle de bien grossiers rapports.


HÈLÈNE.

Quel est son nom ?


DIANA.

— Monsieur Paroles.


HÈLÈNE.

0h ! je suis de son avis. — En fait d’éloges, comparée au grand comte lui-même, elle est trop peu de chose — pour valoir qu’on la nomme. Tout son mérite — est une scrupuleuse vertu que — je n’ai pas entendu contester.


DIANA.

Hélas ! pauvre dame !… — C’est une rude servitude que d’être la femme — d’un mari qui vous déteste.