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TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN.

mettre sa lettre avant la nuit — pour qu’on pût encore la rattraper ; mais elle écrit — que toute poursuite serait vaine.


LA COMTESSE.

Quel est donc l’ange — qui bénira cet indigne mari ? Il ne peut prospérer, — à moins que les prières d’Hélène, que le ciel se plaît à entendre — et aime à exaucer, n’obtiennent pour lui un sursis — de la justice suprême… Écrivez, écrivez, Rinaldo, — à ce mari indigne d’une telle femme ; — faites-lui peser à chaque mot un mérite — qu’il juge si léger ; et quant à ma douleur profonde, — si peu sensible qu’il y soit, exprimez-la-lui vivement. — Dépêchez-lui le messager le plus alerte, — quand il apprendra qu’elle est partie, peut-être — reviendra-t-il ; et je puis espérer qu’elle-même, — en apprenant son retour, reviendra vite sur ses pas, — ramenée par le plus pur amour. Lequel des deux — m’est le plus cher, je suis incapable — de le discerner… Procurez-vous le messager. — Mon cœur est accablé, et mon âge est faible. — Un tel malheur voudrait des larmes, et c’est l’inquiétude qui me fait parler.

Ils sortent.

Scène XIII.


[Sous les murs de Florence.]
Marche militaire au loin. Entrent une vieille veuve de Florence, Diana, Violenta, Mariana et des bourgeois.

LA VEUVE.

Venez donc ; s’ils approchent de la ville, nous perdrons tout le coup d’œil.