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Biondello.

Au secours ! au secours ! au secours ! Voilà un fou furieux qui veut m’assassiner !

Il se sauve.

Le Pédagogue.

Au secours, mon fils ! Au secours, signor Baptista !

Il se retire de la fenêtre.

Petruchio.

Je t’en prie, Catharina, mettons-nous à l’écart, et voyons la fin de cette controverse.

Ils se retirent.
Le Pédagogue reparaît, suivi de Baptista, de Tranio et de plusieurs laquais.

Tranio.

Monsieur, qui êtes-vous, vous qui osez battre mes gens ?


Vincentio.

Qui je suis, monsieur ? Eh ! qui êtes-vous vous-même, monsieur ?… Oh ! dieux immortels ! Oh ! le beau coquin ! Pourpoint de soie ! haut de chausses de velours ! manteau écarlate ! chapeau en pointe !… Oh ! je suis ruiné ! je suis ruiné ! Tandis que j’économise à la maison, mon fils et mon valet dépensent tout à l’université !


Tranio.

Comment ? qu’est-ce à dire ?


Baptista.

Ça, est-ce que cet homme est lunatique ?


Tranio.

Monsieur, vous avez tout l’extérieur d’un vieillard sensé et respectable, mais vos paroles sont celles d’un fou. En quoi cela vous concerne-t-il, monsieur, si je porte des perles et de l’or ? J’en rends grâce à mon bon père, j’ai les moyens de le faire.