Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/162

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le pédagogue.

— Oui ; que faire sans cela ?… Si je sais bien mon rôle, le signor Baptista peut se rappeler m’avoir vu, — il y a près de vingt ans, à Gênes, où — nous logions tous deux à l’hôtel de Pégase.


Tranio.

C’est bien cela ; — et tenez-vous, en tout cas, avec l’austérité — qui convient à un père.

Entre Biondello.

Le pédagogue.

— Je vous le garantis… Mais, monsieur, voici votre page qui vient : — il serait bon de lui faire la leçon.


Tranio.

Rassurez-vous sur lui. Morbleu, Biondello, — voici le moment de bien faire ton devoir, je t’en avertis ; — figure-toi que c’est le vrai Vincentio.


Biondello.

— Bah ! soyez sans inquiétude.


Tranio.

— Mais as-tu fait ta commission auprès de Baptista ?


Biondello.

— Je lui ai dit que votre père était à Venise, — et que vous l’attendiez aujourd’hui même à Padoue.


Tranio.

— Tu es un gaillard immense ; tiens voilà pour boire. — J’aperçois Baptista… Prenez votre contenance, monsieur.

Entrent Baptista et Lucentio.

Tranio.

— Signor Baptista, heureux de vous rencontrer !…

Au Pédagogue.

— Monsieur, voici le gentilhomme dont je vous ai