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Entrent Montague et des seigneurs.

LE PRINCE.

— Approche, Montague : tu ne t’es levé avant l’heure — que pour voir ton fils, ton héritier couché avant l’heure.


MONTAGUE.

— Hélas ! mon suzerain, ma femme est morte cette nuit. — L’exil de mon fils l’a suffoquée ! — Quel est le nouveau malheur qui conspire contre mes années ?


LE PRINCE.

— Regarde, et vois !


MONTAGUE.

— Oh ! malappris, y a-t-il donc bienséance — à prendre le pas sur ton père dans la tombe ?


LE PRINCE.

— Fermez la bouche aux imprécations, — jusqu’à ce que nous ayons pu éclaircir ces mystères — et reconnaître leur source et leur cause. En attendant, contenez-vous, — et que l’affliction s’asservisse à la patience. — Produisez les suspects.


Entre Frère Laurence.

LAURENCE.

Je suis le principal.


LE PRINCE.

— Dis donc vite ce que tu sais de tout ceci.


LAURENCE.

— Retirons-nous de ce sinistre théâtre de la mort, — et je vous révélerai tout ; si dans ceci — il est arrivé malheur par ma faute, — que ma vieille vie — soit sacrifiée, quelques heures avant son épuisement, — à la rigueur des lois les plus sévères.


LE PRINCE.

— Nous t’avons toujours connu pour un saint homme. — Que le valet de Roméo et que ce page nous suivent. — Nous allons sortir, et examiner à fond ce triste désastre. — Sages trop tard, messeigneurs, vous pouvez déplorer maintenant — les tragiques résultats de votre mutuelle haine. — Que de malheurs terribles causent les discordes privées ! — Quelle qu’en soit la cause, l’effet inévitable est une calamité.

Tous sortent.


FIN DES NOTES.