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ne m’en as pas vendu. — Adieu, achète de quoi manger et engraisse.

Serrant la fiole que l’apothicaire lui a remise.

— Ceci, du poison ? non ! Viens, cordial, viens avec moi — au tombeau de Juliette ; c’est là que tu dois me servir.

Ils se séparent.

Scène XXIII.


[La cellule de frère Laurence.]


Entre frère Jean.

JEAN.

— Saint franciscain ! Mon frère, holà !


Entre frère Laurence.

LAURENCE.

— Ce doit être la voix du frère Jean, — De Mantoue ! Sois le bienvenu. Que dit Roméo ?… — A-t-il écrit ? Alors donne-moi sa lettre.


JEAN.

— J’étais allé à la recherche d’un frère déchaussé — de notre ordre, qui devait m’accompagner, — et je l’avais trouvé ici dans la cité en train de visiter les malades ; — mais les inspecteurs de la ville, — nous ayant rencontrés tous deux dans une maison — qu’ils soupçonnaient infectée de la peste, — en ont fermé les portes et n’ont pas voulu nous laisser sortir. — C’est ainsi qu’a été empêché mon départ pour Mantoue.


LAURENCE.

— Qui donc a porté ma lettre à Roméo ?


JEAN.

— La voici. Je n’ai pas pu l’envoyer, — ni me procurer