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PREMIER MUSICIEN.

Qu’est-ce que nous allons avoir ?


PIERRE.

Ce n’est pas de l’argent, morbleu, c’est une raclée, méchants racleurs !


PREMIER MUSICIEN.

Méchant valet !


PIERRE.

Ah ! je vais vous planter ma dague de valet dans la perruque. Je ne supporterai pas vos fadaises ; je vous en donnerai des fa-dièses, moi, sur les épaules, notez bien.


PREMIER MUSICIEN.

En nous donnant le fa-dièse, c’est vous qui nous noterez.


DEUXIÈME MUSICIEN.

Voyons, rengainez votre dague et dégainez votre esprit.


PIERRE.

En garde donc ! Je vais vous attaquer à la pointe de l’esprit et rengainer ma pointe d’acier… Ripostez-moi en hommes.

Il chante.

Quand une douleur poignante blesse le cœur
Et qu’une morne tristesse accable l’esprit,
Alors la musique au son argentin…

Pourquoi son argentin ? Pourquoi la musique a-t-elle le son argentin ? Répondez, Simon Corde-à-Boyau !


PREMIER MUSICIEN.

Eh ! parce que l’argent a le son fort doux.


PIERRE.

Joli !… Répondez, vous, Hugues Rebec !


DEUXIÈME MUSICIEN.

La musique a le son argentin, parce que les musiciens la font sonner pour argent.