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Entre Juliette (112).

LA NOURRICE.

— Voyez donc avec quelle mine joyeuse elle revient de confesse.


CAPULET.

— Eh bien, mon entêtée, où avez-vous été comme ça ?


JULIETTE.

— Chez quelqu’un qui m’a appris à me repentir — de ma coupable résistance — à vous et à vos ordres. Le vénérable Laurence — m’a enjoint de me prosterner à vos pieds, — et de vous demander pardon…

Elle s’agenouille devant son père.

Pardon, je vous en conjure ! — Désormais je me laisserai régir entièrement par vous.


CAPULET.

— Qu’on aille chercher le comte, et qu’on l’instruise de ceci. — Je veux que ce nœud soit noué dès demain matin.


JULIETTE.

— J’ai rencontré le jeune comte à la cellule de Laurence, — et je lui ai témoigné mon amour autant que je le pouvais — sans franchir les bornes de la modestie.


CAPULET.

— Ah ! j’en suis bien aise… Voilà qui est bien… Relève-toi.

Juliette se relève.

— Les choses sont comme elles doivent être… Il faut que je voie le comte. — Morbleu, qu’on aille le chercher, vous dis-je. — Ah ! pardieu, c’est un saint homme que ce révérend père, — et toute notre cité lui est bien redevable.


JULIETTE.

— Nourrice, voulez-vous venir avec moi dans mon