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LAURENCE.

Voilà une vérité certaine.


PÂRIS, à Juliette.

— Venez-vous faire votre confession à ce bon père !


JULIETTE.

— Répondre à cela, ce serait me confesser à vous.


PÂRIS.

— Ne lui cachez pas que vous m’aimez.


JULIETTE.

— Je vous confesse que je l’aime.


PÂRIS.

— Comme vous confesserez, j’en suis sûr, que vous m’aimez.


JULIETTE.

— Si je fais cet aveu, il aura plus de prix — en arrière de vous qu’en votre présence.


PÂRIS.

— Pauvre âme, les larmes ont bien altéré ton visage.


JULIETTE.

— Elles ont remporté là une faible victoire : — il n’avait pas grand charme avant leurs ravages.


PÂRIS.

— Ces paroles-là lui font plus d’injure que tes larmes.


JULIETTE.

— Ce n’est pas une calomnie. monsieur, c’est une vérité ; — et cette vérité je la dis à ma face.


PÂRIS.

— Ta beauté est à moi, et tu la calomnies.


JULIETTE.

— Il se peut, car elle ne m’appartient pas… — Êtes-vous de loisir, saint père, en ce moment, — ou reviendrai-je ce soir après vêpres ?