Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/303

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

par une autre lettre… Allez, elle dit de si jolies sentences sur vous et sur le romarin, que cela vous ferait du bien de les entendre.


ROMÉO.

Recommande-moi à ta maîtresse.

Il sort.

LA NOURRICE.

Oui, mille fois !… Pierre !


PIERRE.

Voilà !


LA NOURRICE.

En avant, et lestement.

Ils sortent.

Scène X.


[L’appartement de Juliette.]


Entre Juliette.

JULIETTE.

— L’horloge frappait neuf heures, quand j’ai envoyé la nourrice ; — elle m’avait promis d’être de retour en une demi-heure… — Peut-être n’a-t-elle pas pu le trouver !… Mais non… — Oh ! elle est boiteuse ! Les messagers d’amour devraient être des pensées, — plus promptes dix fois que les rayons du soleil — qui dissipent l’ombre au-dessus des collines nébuleuses. — Aussi l’amour est-il traîné par d’agiles colombes ; — aussi Cupidon a-t-il des ailes rapides comme le vent. — Maintenant le soleil a atteint le sommet suprême — de sa course d’aujourd’hui ; de neuf heures à midi — il y a trois longues heures, et elle n’est pas encore venue ! — Si elle avait les affections et le sang brûlant de la jeunesse, — elle aurait le leste mouvement d’une balle ;