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LA NOURRICE.

— Ma foi, je crois que c’est le jeune Pétruchio.


JULIETTE, montrant Roméo.

— Quel est cet autre qui suit et qui n’a pas voulu danser ?


LA NOURRICE.

Je ne sais pas.


JULIETTE.

— Va demander son nom.

La nourrice s’éloigne un moment.

S’il est marié, — mon cercueil pourrait bien être mon lit nuptial.


LA NOURRICE, revenant.

— Son nom est Roméo ; c’est un Montague, — le fils unique de votre grand ennemi.


JULIETTE.

— Mon unique amour émane de mon unique haine ! — Je l’ai vu trop tôt sans le connaître et je l’ai connu trop tard. — Il m’est né un prodigieux amour, — puisque je dois aimer un ennemi exécré !


LA NOURRICE.

— Que dites-vous ? que dites-vous ?


JULIETTE.

Une strophe que vient de m’apprendre — un de mes danseurs.

Voix au-dehors appelant Juliette.

LA NOURRICE.

Tout à l’heure ! tout à l’heure !… — Allons nous-en ; tous les étrangers sont partis.


Entre le chœur.

LE CHŒUR.

Maintenant, le vieil amour agonise sur son lit de mort,
Et une passion nouvelle aspire à son héritage.