Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/275

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Vous voulez mettre le vin en perce ! vous voulez faire l’homme !


TYBALT.

— Mais, mon oncle, c’est une honte.


PREMIER CAPULET.

Allons, allons, — vous êtes un insolent garçon. En vérité, — cette incartade pourrait vous coûter cher : Je sais ce que je dis… — Il faut que vous me contrariiez !… Morbleu ! c’est le moment (62) !…

Aux danseurs.

— À merveille, mes chers cœurs !…

À Tybalt.

Vous êtes un faquin… — Restez tranquille, sinon…

Aux valets.

Des lumières ! encore des lumières ! par décence !

À Tybalt.

— Je vous ferai rester tranquille, allez !

Aux danseurs.

De l’entrain, mes petits cœurs !


TYBALT.

— La patience qu’on m’impose lutte en moi avec une colère obstinée, — et leur choc fait trembler tous mes membres… — Je vais me retirer ; mais cette fureur rentrée, — qu’en ce moment on croit adoucie, se convertira en fiel amer.

Il sort.

ROMÉO, prenant la main de Juliette.

— Si j’ai profané avec mon indigne main — cette châsse sacrée, je suis prêt à une douce pénitence : — permettez à mes lèvres, comme à deux pèlerins rougissants, — d’effacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.


JULIETTE.

— Bon pèlerin, vous êtes trop sévère pour votre main