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ANTOINE.

— Je voudrais qu’on pût se battre dans le feu et dans l’air ; — là aussi nous les attaquerions. Mais écoute : notre infanterie, — postée sur les hauteurs qui avoisinent la ville, — restera avec nous ; les ordres sont donnés à la flotte, — et elle a déjà quitté la rade. Allons chercher une position — d’où nous puissions découvrir leur ordre de bataille — et observer leurs manœuvres.

Ils sortent.


Entre César à la tête de ses troupes.

CÉSAR.

— Nous resterons immobiles sur terre, à moins que nous ne soyons attaqués, — et nous ne le serons pas, je crois, car ses meilleures troupes — sont employées au service de ses galères. Gagnons les vallées, — et gardons nos plus grands avantages.

Ils sortent.


Rentrent Antoine et Scarus.

ANTOINE.

— Ils ne se sont pas encore abordés. De l’endroit où ce pin s’élève, — je découvrirai tout : je reviendrai te dire — immédiatement quelle apparence ont les choses.

Il sort.

SCARUS.

— Les hirondelles — ont bâti leurs nids dans les voiles de Cléopâtre : les augures — prétendent qu’ils ne savent pas, qu’ils ne peuvent pas dire… Ils ont l’air lugubre, — et n’osent exprimer leur pensée. — Antoine est vaillant et abattu ; et, par accès, — sa fortune agitée le remplit d’espoir ou de crainte, — à la vue de ce qu’il a et de ce qu’il n’a pas.

Bruit lointain annonçant un combat naval.