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Entre Éros, avec une armure.

ANTOINE.

— Viens, mon brave, couvre-moi de fer. — Si la fortune n’est pas pour nous aujourd’hui, c’est — que nous la bravons… Allons !

Éros se met en devoir de l’équiper.

CLÉOPÂTRE.

Ah ! je veux aider, moi aussi.

Prenant une pièce de l’armure.

— Où se met ceci ?


ANTOINE.

Ah ! laisse ça, laisse ça… Tu es — l’armurière de mon cœur… Tu te trompes, tu te trompes !… Ceci ! ceci !

Antoine désigne la cuirasse. Cléopâtre la prend et la lui met.

CLÉOPÂTRE.

— Doucement ! là ! je veux vous aider… Voilà comment ça doit être.


ANTOINE.

Bien, bien ! — Nous réussirons à présent… Allons, mon brave, — va t’équiper.


ÉROS.

Tout de suite, Sire.


CLÉOPATRE.

— Est-ce que ce n’est pas bien bouclé ?


ANTOINE.

À merveille, à merveille ; — celui qui débouclera ceci avant qu’il nous plaise — de l’ôter pour nous reposer, aura entendu une tempête… — Tu tâtonnes, Éros, et ma reine est un écuyer — bien plus adroit que toi… Dépêchons-nous. Ô mon amour, — que ne peux-tu me voir combattre, aujourd’hui, et assister — à mes royales occupations ! tu verrais — quel ouvrier je suis ?