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CHARMION.

Allez ! Que pouvez-vous faire de mieux ?


CLÉOPÂTRE.

Laissez-moi m’asseoir !… Ô Junon !

Elle s’affaisse comme en défaillance. Éros la montre à Antoine.

ANTOINE.

Non, non, non, non, non !


ÉROS.

Voyez un peu, sire.


ANTOINE.

Ô fi ! fi ! fi !


CHARMION.

Madame !


IRAS.

Madame ! Ô bonne impératrice !


ÉROS.

Sire ! sire !


ANTOINE.

— Oui, seigneur, oui ! À Philippes, il tenait — son épée comme un danseur, tandis que je frappais — le maigre et ridé Cassius ; et ce fut moi — qui anéantis ce fou de Brutus ! Lui, — il n’agissait que par ses lieutenants ; il n’avait aucune pratique — des manœuvres hardies de la guerre ! Aujourd’hui pourtant… n’importe.


CLÉOPÂTRE, se redressant.

Ah ! rangez-vous !


ÉROS, à Antoine.

La reine, monseigneur, la reine !


IRAS.

Allez à lui, madame ! Parlez-lui ! — Il est anéanti par l’humiliation.


CLÉOPÂTRE.

Eh bien, soutenez-moi… Oh !

Elle s’arrête, puis va lentement vers Antoine, supportée par ses femmes.