Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1868, tome 7.djvu/134

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LÉPIDE, à Pompée.

Heureuse réunion ! —


POMPÉE.

Je l’espère, Lépide… Ainsi, nous sommes d’accord ; — je demande que notre convention soit mise par écrit, — et scellée de nous.


CÉSAR.

C’est la première chose que nous devons faire.


POMPÉE.

— Il faut nous fêter les uns les autres, avant de nous séparer ; tirons — au sort à qui commencera.


ANTOINE.

Ce sera moi, Pompée.


POMPÉE.

— Non, Antoine, laissons décider le sort ; mais, que vous soyez le premier — ou le dernier, votre estimable cuisine égyptienne — aura toute la vogue. J’ai ouï dire que Jules César — s’est engraissé à festiner là-bas.


ANTOINE.

Vous avez ouï dire bien des choses.


POMPÉE.

— Je n’ai que de courtoises pensées, messire.


ANTOINE.

Et d’aussi courtoises paroles.


POMPÉE.

— Voilà ce que j’ai ouï dire. — Et j’ai ouï dire aussi qu’Apollodore porta…


ÉNORARBUS.

— Suffit. Il l’a fait.


POMPÉE.

Porta quoi, je vous prie ?


ÉNOBARBUS.

— Certaine reine à César dans un matelas (12).