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de mon Égypte devrait être submergée et faire — une citerne pour les serpents squammeux ! Va, sors d’ici ; — quand tu aurais le visage de Narcisse, à moi — tu me paraîtrais affreux… Il est marié ?


LE MESSAGER.

— J’implore le pardon de Votre Altesse.


CLÉOPÂTRE.

Il est marié ?


LE MESSAGER.

— Ne vous offensez pas de ce que je ne veuille pas vous offenser ; — me punir pour ce que vous me faites faire — me semble bien inique. Il est marié à Octavie.


CLÉOPÂTRE.

— Oh ! si son exemple avait pu te rendre fourbe, toi — qui ne l’es pas !… Quoi ! tu es sûr de cela ? Va-t’en d’ici. — La marchandise que tu as rapportée de Rome — est trop chère pour moi. Qu’elle te reste sur les bras, — et sois ruiné par elle !

Le messager sort.

CHARMION.

Bonne Altesse, patience !


CLÉOPÂTRE.

— En louant Antoine, j’ai déprécié César.


CHARMION.

— Maintes fois, madame.


CLÉOPÂTRE.

J’en suis bien payée à présent ! — Emmenez-moi d’ici… — Je me sens défaillir… Oh ! Iras ! Charmion !… Ce n’est rien… — Va trouver cet homme, bon Alexas, commande-lui de te dire les traits d’Octavie, ses années, — ses inclinations ; qu’il n’oublie pas la — couleur de ses cheveux !… Rapporte-moi vite ses paroles…

Alexas sort.

— Renonçons à lui pour toujours. — Mais non, Char-