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INTRODUCTION.




I


Lorsque messire Jacques Amyot, abbé de Bellozane, publia sa traduction des œuvres de Plutarque sous le patronage de très-haut et très-chrétien roi de France Henri Deuxième, l’émotion fut grande chez nos aïeux de la Renaissance. Les personnages antiques, que le Moyen Age avait relégués dans la légende, à côté des Arthur et des Roland, rentraient brusquement dans l’histoire. Grâce à l’interprétation du bonhomme Amyot, les ténèbres amassées autour de tant de noms illustres étaient enfin dissipées ; les exagérations de la tradition orale tombaient devant le témoignage écrit. La déposition de Plutarque était là, traduite avec un scrupule implacable. Ces êtres prestigieux, auxquels une crédulité séculaire attribuait des proportions démesurées, reprenaient tout à coup la taille humaine. Le biographe de Chéronée racontait la vie intime de ces héros ; il les montrait en robe de chambre, assis au foyer de famille : il disait leurs infirmités comme leurs vertus ; il les faisait voir, dès