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depuis qu’il est parti d’Égypte, il a eu — plus que le temps d’arriver.


POMPÉE.

J’aurais plus volontiers prêté l’oreille — à une nouvelle moins grave… Ménas, je ne croyais pas — que ce glouton d’amour mettrait son casque — pour une si petite guerre. Comme soldat, — il vaut deux fois les deux autres… Mais n’en soyons — que plus fiers d’avoir pu, au premier mouvement, — arracher du giron de la veuve d’Égypte — l’insatiable débauché Antoine.


MÉNAS.

Je ne puis croire — que César et Antoine s’accordent bien ensemble. — La femme d’Antoine, qui vient de mourir, a fait tort à César ; — son frère a guerroyé contre lui, sans toutefois, je pense, — avoir été suscité par Antoine.


POMPÉE.

Je ne sais pas, Ménas, — comment les moindres inimitiés ont pu faire trêve aux plus grandes. — N’était que nous nous soulevons contre eux tous, — il est évident qu’ils se querelleraient entre eux, — car ils ont des motifs suffisants — pour tirer l’épée ; mais comment la crainte que nous leur inspirons — peut-elle raccommoder leurs divisions par la ligature — d’un différend inférieur, c’est ce que nous ne savons pas encore. — Qu’il en soit ce que nos dieux voudront ! Il y va — de notre salut de déployer toutes nos ressources. — Venez, Ménas.

Ils sortent.