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que quand le chapelain royal, maître David Lindsay, a prononcé la formule du mariage en français, langue également comprise par les deux époux.

Une fois le oui conjugal prononcé, Jacques n’avait plus qu’à revenir en Écosse, et à ramener la reine. Rien de plus simple en apparence. En effet, le roi ordonne à sa flottille, qui vient de se rallier dans la baie d’Upslo, de faire les préparatifs du retour. Mais la conspiration des ennemis invisibles continue. La nuit qui précède le départ, un froid de Sibérie se déclare. L’eau du golfe gèle, et voilà toute l’escadre bloquée par la glace jusqu’au mois de mars. Que faire ? Un roi et une reine ne peuvent pourtant pas passer leur lune de miel dans un misérable village. Le trajet par mer est impossible : il reste le trajet par terre. Jacques, qui est fort en géographie, a vite indiqué l’itinéraire : descendre le long de la côte du golfe d’Upslo, pénétrer en Suède, traverser la province de Gotheborg, puis la province d’Halland, puis la province de Christianstadt, puis entrer dans la province de Malmohus, puis gagner la ville d’Helsingborg, où l’on n’aura que le petit détroit du Sund à passer pour être au palais danois de Kronenberg, enfin, s’embarquer à Kronenberg pour l’Écosse. À ce plan héroïque, les conseillers font mille objections : le roi n’y réfléchit pas, un pareil voyage est impraticable ; en hiver, il n’y a pas de route ; et puis, que d’obstacles à franchir : les cataractes du Glaumen, les Alpes Scandinaves, enfin, huit rivières presque toutes sans pont ! Mais Jacques ne veut rien entendre. Il est résolu à partir. Il partira.

Je ne vous peindrai pas les péripéties de cette Odyssée qui m’entraînerait trop loin de mon sujet. Il faudrait un volume pour raconter tous les dangers auxquels fut exposée la caravane royale. Pour en donner une idée, il suffira de dire qu’un siècle plus tard, les meilleurs régi-