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» 1. Jac., p. 2, m. 4. James by the grace of God, etc., to all justices, mayors, sheriffs, constables, et other our officiers and loving subjetes, greeting. Know you that we, of our special grace, by these presents, do license and authorise, these our servants, Laurence Fletcher, William Shakespeare, Richard Burbage, etc. — Jacques, par la grâce de Dieu, etc., à tous juges, maires, shériffs, constables, et à nos autres officiers et bien aimés sujets, salut. Sachez que, en vertu de notre grâce spéciale, nous donnons par ces présentes licence et autorisation à nos serviteurs Laurent Fletcher, William Shakespeare, Richard Burbage, etc.

Voici Ben Jonson, l’ami du poëte, celui qui s’attablait avec lui à la taverne d’Apollon, qui joue avec le nom de Shakespeare (shake, agiter, speare, lance) et fait sur lui ces deux vers connus :

He seems to shake a lance
As brandished at the eyes of ignorance.


Il semble agiter une lance
Et la brandir aux yeux de l’ignorance.

Voici le même Ben Jonson qui chante ainsi son maître mort :

My Shakespeare, rise! I will not lodge thee by
Chaucer, or Spenser, or bid Beaumont lie
A little further off, to make thee room:
Thou art a monument without a tomb,
And art alive still, while thy book live…


Lève-toi, mon Shakespeare ! je ne te logerai pas près
De Chaucer, ou de Spenser, et je ne dirai pas à Beaumont
De se coucher un peu plus loin, pour te faire place :
Tu es un monument sans tombe,
Et tu es vivant toujours, tant que ton livre vit…

Voici, — une génération plus tard, — Milton qui, lui aussi, appelle tendrement l’auteur de la Tempête : my Shakespeare ! dans cette ode admirable où il dit « que des rois voudraient mourir pour avoir une pareille tombe ! »

That kings for such a tomb would wish to die!

En présence de tous ces documents, veut-on rester incrédule ? veut-on contester l’orthographe adoptée par les dix-huit éditeurs des