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NOTES


SUR


LE SONGE D’UNE NUIT D’ÉTÉ

ET

LA TEMPÊTE.



(1) Le titre que Shakespeare a donné à sa pièce : Midsummer night’s dream, n’est pas ici exactement traduit, par la raison qu’il ne peut pas l’être. Le mot Midsummer, en effet, quoi qu’en disent les dictionnaires, n’a pas d’équivalent véritable en français. Midsummer ne signifie pas la mi-été ; ce n’est pas une époque vague de l’année. Midsummer est un jour de fête tout britannique qui est fixé dans le calendrier protestant au 24 juin, c’est-à-dire au commencement de l’été, et qui correspond à la Saint-Jean du calendrier catholique. Dans l’Angleterre shakespearienne, la nuit qui précédait Midsummer était la nuit fantastique par excellence. C’était pendant cette nuit, au moment précis de la naissance de saint Jean, que sortait de terre cette fameuse graine de fougère qui avait la propriété de rendre invisible. Les fées, commandées par leur reine, et les démons, conduits par Satan, se livraient de véritables combats pour s’emparer de cette graine. Les magiciens les plus audacieux avaient coutume de veiller au milieu des solitudes afin de prévenir les esprits et de saisir avant eux la précieuse semence. Mais ils étaient souvent obligés de soutenir une lutte terrible, et, s’ils n’employaient pas pour leur défense des charmes puissants, ils couraient risque de la vie. Heureux alors