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leurs propos. » Dans le drame, Poloniug suggère à Claudius un second stratagème : il demande qu’Hamlet soit appelé dans la chambre de sa mère, et il offre de se cacher derrière une tapisserie pour entendre leurs propos. — Dans la légende, le plan est accepté et exécuté : mais à peine le courtisan s’est-il caché dans la chambre, qu’Amleth saute sur le loudier, y donne de tout son glaive et « occit le galant. » Dans le drame, le plan est accepté et exécuté : mais à peine Polonius a-t-il eu le temps de se cacher dans la chambre, qu’Hamlet saute sur la tapisserie l’épée à la main, et tue l’indiscret conseiller. — Dans la légende, Fengon, résolu à se défaire d’Amleth, l’envoie en Angleterre, accompagné de deux fidèles ministres « portant des lettres gravées dans du bois qui portaient la mort d’Amleth, ainsi qu’il la commandait à l’Anglais ; mais le rusé prince danois, tandis que ses compagnons dormaient, ayant visité le paquet et connu la trahison de son oncle et la méchanceté des courtisans qui le conduisaient à la boucherie, rasa les lettres mentionnant sa mort, et en lieu y grava et cisela un commandement à l’Anglais de faire pendre et étrangler ses compagnons. » Dans le drame, Claudius, résolu à se défaire d’Hamlet, l’envoie en Angleterre, accompagné de Guildenstern et de Rosencrantz, porteurs d’une dépêche qui enjoint au roi anglais de mettre à mort Hamlet sur-le-champ : mais, pendant la traversée, le rusé prince danois découvre la lettre, tandis que ses compagnons sont endormis, la décachète, y efface son nom et y écrit à la place les noms des deux courtisans auxquels il fait subir ainsi le supplice préparé pour lui-même. — Dans la légende enfin, Amleth revient à l’improviste, tue Fengon et venge son père. Dans le drame, Hamlet revient inopinément, tue Claudius et venge son père.