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Page:Sensine - Chrestomathie Poètes, Payot, 1914.djvu/585

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iwan gilkin


Son astre éclairait la terre.
Hélas ! et voilà qu’il dort.
Clairons, vous pouvez vous taire.
L’empereur est mort !

Débris de combats sans nombre,
Que suis-je après tant d’effort ?
Un spectre vivant, une ombre,
L’empereur est mort !

Mes yeux sont usés de larmes.
Ô tombe, ouvre-moi ton port,
Je veux y jeter mes armes,
L’empereur est mort !



Œuvres à lire de van Hasselt (Hauman et Cie, éditeurs, Bruylant Christophe et Cie, éditeurs, Bruxelles) : Primevères (1834) ; Nouvelles poésies (1857) ; Études rythmiques (1862) ; Poèmes (1863) ; Livre des ballades (1877) ; Œuvres complètes, 10 volumes ; Poésies choisies par G. Barral (1901). — Critiques à consulter : L. Alvin, André van Hasselt, sa vie et ses travaux (1877) ; Jules Guilliaume, Le vers français et les prosodies modernes ; Ch. Fuster, Les poètes du clocher (1889) ; Eugène Rambert, Études littéraires (1890) ; Virgile Rossel, Histoire de la littérature française hors de France (1895) ; Hubert Krains, Semaine littéraire (16 mai 1903).




IWAN GILKIN

Né à Bruxelles en 1858.

Dans un de ses articles de La Jeune Belgique[1], dont il fut un des fondateurs avec Max Waler, Albert Giraud et Vallère Gille, Iwan Gilkin a donné de la poésie une définition intéressante : « Susciter dans l’imagination des images vivantes, montrer les objets dans leur maximum de beauté, c’est-à-dire dans leur minimum d’utilité historique ou scientifique, éveiller les idées générales, non à l’aide des concepts, mais par l’évocation de leurs archétypes, rendus tout à coup sensibles par une excitation de l’imagination et du sentiment, là où la connaissance discursive agirait pour l’énonciation d’un concept général ou abstrait, fabriqué a posteriori ; employer pour frapper ainsi l’imagination et le sentiment toutes les ressources expressives du geste, des couleurs, des lignes et des sons, traduites dans le langage par les équivalents les plus proches et, à cet effet, appeler à l’aide tous les ressorts mélodiques, harmoniques et rythmiques d’une langue : tel est l’office de la poésie et de son instrument, la versification. » Iwan Gilkin est-il parvenu à réaliser cette conception en partie fort juste ? Il serait exagéré de le dire. D’abord parce qu’une partie de ses œuvres, purement livresque, est le produit non de son inspiration propre, mais de ses lectures. Parnassien nourri de Leconte de Lisle et de Sully Prudhomme, fortement influencé par Baudelaire

  1. T. XI, p. 389.