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Page:Sensine - Chrestomathie Poètes, Payot, 1914.djvu/23

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CHRESTOMATHIE FRANÇAISE DU XIXe SIÈCLE
(Poètes)





I

Période napoléonienne ou préromantique

(1801-1821)


Un phénomène frappant marque la première période de ce siècle : c’est la désharmonie qui existe entre la prose et les vers. Tandis que Chateaubriand, dès 1801, commence l’évolution romantique, et épanche dans toutes ses œuvres sa puissante imagination poétique, les écrivains en vers de la période napoléonienne continuent à imiter les froids versificateurs du XVIIIe siècle; ils paraissent ignorer que le romantisme coule déjà à pleins bords. La critique les a flétris du nom de pseudo-classiques. Pour la majorité d’entre eux, cette appellation est juste ; elle serait inexacte pour quelques-uns chez qui l’on sent les influences nouvelles et qui marquent la transition entre les écoles opposées. On a d’ailleurs trop sévèrement jugé les prédécesseurs de Lamartine. Fussent-ils aussi inférieurs qu’on l’a affirmé, ils mériteraient encore de figurer dans ce livre, ne serait-ce que pour mieux faire ressortir l’immense progrès dû au romantisme. Mais ces écrivains, quoique de second rang, ont une valeur indéniable ; leurs œuvres renferment aussi de nobles pensées et de beaux vers.




Derniers classiques et semi-romantiques.

MILLEVOYE (Charles-Hubert)

Né à Abbeville en 1782, mort à Paris en 1816.

Poète composite, accidentel confluent de deux écoles littéraires qui ont mêlé en lui leurs courants contraires, il subit d’abord l’influence gréco-latine des savants académiciens de la fin du XVIIIe siècle, dont les travaux d’érudition provoquèrent, un moment, le retour à l’art antique.