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Sera bien fin celui qui m’attrapera… Vas-tu finir ton train, toi, Polonais ? cria-t-elle à Boginski, qui frappait à la porte. Oui, oui, tambourine, mon garçon, démène-toi. Ah ! ah ! ah ! je les tiens à présent ! »

Boginski criait, appelait, frappait ; Mme Bonbeck riait, jurait et se frottait les mains. La malheureuse Simplicie, consternée, pâle comme une morte, tremblant de tous ses membres, n’osait ni répondre aux cris de Boginski ni faire un mouvement. Mme Bonbeck la regardait avec un rire moqueur ; elle se plaça devant elle, les bras croisés ; Simplicie recula jusqu’au mur, sa tante la suivit jusqu’à ce que ses bras, qu’elle tenait toujours croisés, touchassent à la poitrine de Simplicie.

« N’aie pas peur, je ne te battrai pas (ses yeux lançaient des éclairs). Je ne suis pas en colère ; je veux seulement te faire voir que je ne me laisse pas jouer comme un enfant, que Boginski ne peut m’empêcher de faire ce que je veux, et que ,s’il me plaît de t’emmener, je t’emmènerai. »

Simplicie poussa un cri, auquel répondit un cri sauvage ; elle reconnut la voix de Coz.

« Au secours ! au secours ! cria-t-elle. Coz, sauvez-moi. »

Mme Bonbeck la saisit dans ses bras vigoureux malgré son âge, la poussa dans la seconde chambre, dont elle verrouilla la porte, ouvrit une porte qui