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Page:Segalen - Orphée-Roi.djvu/79

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l’étrange rumeur et s’en vêt comme d’un nouveau corps vivant.
Orphée n’a point tressailli.
EURYDICE

Vole et danse ! Va-t-en… où tu voudras en esprit !


(à genoux, prieuse plaintive aux flancs du dormeur…)

Je suis là, fidèle à ton corps endormi, plus docile que toute fille ou femme humaine…

Qu’une autre, jalouse, implore les caresses et le don nuptial,

Je ne demande rien ; je suis là, au bord de ton sommeil.

Tu ne m’as jamais dit ce qu’on dit en aimant. Une première fois, tu as chanté : « J’aime… »

À quoi bon ? Il dort plus sourdement !